
Mur des disparus, Ploubazlanec
Mon courage dépendra d’une aide au logement qui dépendra d’une bourse. C’est encore si incertain.
Je retiens les colères, les crachats, les injures. Nul intérêt de communiquer avec un mur quand on se sent provisoirement dans une impasse. Ce soir, je vous assure, je redécouvre la tombée de la nuit. Le bleu assombri du ciel et les nuances oranges des réverbères. Mes grands-parents ont pris cette habitude de fermer les volets alors que le jour décline à peine. Ce soir ils ne sont pas là et je suis plantée devant la baie vitrée à vous écrire cet étonnement stupide.
Il faut que je me sorte la Bretagne de la tête. La mer en colère & le printemps qui chante déjà là-bas. Les mimosas criblés de fleurs et le rouge-gorge qui nous regardait retourner la terre du jardin. Pêcheur d’Islande m’a bouleversé. J’ai marché sur ces terres-là, sur le port et la place du marché. J’ai lu les plaques sur le mur des disparus sans vraiment saisir l’ampleur des dégâts et la souffrance.
Je suis de retour à Paris. Le charme s’est envolé et j’ai repensé à lui. A son parfum. Son regard, je peux m’en détourner. Sa présence, je peux la fuir. Mais son parfum, je n’sais pas. Il arrête le temps. Il déchire quelque chose au milieu de ma poitrine. Il est cette petite bricole à laquelle je m’attache parce que je ne peux pas la posséder. C’est faiblement humain.
J’ai reçu un message de lui aujourd’hui. Il me reproche de ne pas lui donner de nouvelles. Quelque chose m’échappe.
Ce type, j’sais pas. C’est un peu comme les mimosas dont la fragrance vous cloue au sol. Sauf que lui, ce grand arbre sec qu’il est, est du genre persistant jusqu’au mois de juin voyez.








