
J’étais envahie de doudous étant petite, mais mon préféré c’était celui-là. Jadis, Rouky était extrêmement doux et roux (vous noterez que son petit nom est très recherché d’ailleurs.) Aujourd’hui, il est délavé et rêche comme un vieux pull qu’on a lavé des centaines de fois. C’est une peluche au corps mou, aux oreilles tombantes, aux pattes lourdes car remplies de sable. Informe et pataud, c’est peut-être ce qui fait tout son charme. Le compagnon idéal que l’on peut serrer toujours plus fort dans ses bras. Mes parents me l’ont achetée pour le 18 novembre, jour de la Ste Aude. Je devais avoir 6 ou 7 ans à ce moment-là. Mais ils ont dû me l’offrir avec quelques semaines d’avance pour calmer un gros gros chagrin… Bah oui, dans le film Hocus Pocus le chat noir y meurt à la fin. C’est très triste et puis comme ça ne suffisait pas, j’ai repensé à mon hamster mort adoré Romarin ! Inconsolable… Maintenant que je l’écris, je crois que je prenais conscience de ce qu’est la mort. Disparaître ok, mais pour toujours. Le rien quoi. Arrrg. C’est comme ça que j’ai eu Rouky entre les bras qui depuis en a essuyé des larmes ! Il a passé de longues années dans un carton jusqu’à ce que je le ressorte il y a quelques mois de cela pour colmater les blessures du cœur. Même à 22 ans, on a encore besoin de son doudou.

The Blob
J’ai laissé des morceaux de concombres sur le rebord de mon assiette. Je n’en reviens toujours pas d’avoir fait ça. Je psychote sur des concombres tueurs, moi la première imbécile hilare devant des films de série B type Les tomates tueuses.
J'ai flashé sur la bande son de The Blob. Beware of the Blob c'est le truc (ci-dessous) que je chantonne dans la rue, en faisant la vaisselle, en allant aux chiottes. The Blob is the truth. I believe in Blob. C’est ma nouvelle religion.
Beware of the Blob figure dans ma playlist Deezer Route 66 car un jour oui, je partirai faire mon road trip tant rêvé sur cette route avec mon vieux jean coupé en short de pouf', un haut blanc plein de poussières, des lunettes de soleil et un chapeau de cowboy. J’hésite encore sur la couleur de mes santiags, jaunes ou bien turquoises. Ca m’fait frissonner depuis que je suis haute comme trois pommes, lorsque je regardais Arte, seule chaîne à passer des films en or comme Bagdad Café ou Thelma et Louise. Liberté, cheveux au vent, rock’n roll, odeur de sable chaud, motel miteux, donuts archi gras, bière dégueux, caisse pourrie, grand canyon et désert de Mojave. Une bonne playlist, c’est le début du bonheur.
J’avais envie de vous parler de la voix de ma mère au téléphone aussi, lorsqu’elle est en Bretagne. Que c’est doux comme un nid d’pioufs, tendre comme la guimauve de Montpellier, pétillant et acidulé comme du Coca Cherry.

Bond's martini
J’aime Bashung. Depuis des semaines j’ai ses mots sur le bord des lèvres et sa voix rauque résonne dans ma poitrine. A sa mort, mon cœur a flanché comme si je venais de perdre un oncle complice. J’ai été le voir au cimetière à défaut de l’avoir vu de son vivant. Je m’étais promise de revenir sur cette tombe aussi humble que le personnage pour y déposer un lego en hommage à son dernier poème, si beau. A la venue des jours chauds, il faudrait que j’y retourne au Père-Lachaise. J'aime vadrouiller entre les tombes, m’y attarder, par peur qu’elles ne se sentent trop seules. On ne devrait pas donner sa vie aux morts, mais au moins un peu de son temps. Ecouter le bruissement des feuilles, les corbeaux se chamailler, surprendre le chat vautré à l’ombre. Les morts se taisent pour que l’on puisse mieux écouter la vie. Elle s'infiltre partout, surtout là où on l'attend le moins. Un peu comme dans la boîte aux lettres hier : "Maman, la boîte elle fait cui-cui." On glisse par la fente un oeil qui doit paraître énorme pour ces trois petites têtes duveteuses et jaunes, des mésanges sûrement. Tu ne dis plus rien. T'es bêtement attendri. Et là, je suis bêtement en train de chercher une phrase pour poursuivre l'article. Autant se taire, en fait.

Si vous connaissez le jeu Plants Vs Zombies, vous comprendrez pourquoi il est primordial d’avoir des plantes vertes chez soi. Les miennes je les chéris, les bichonne, leur parle, leur fais des gratouilles derrière les feuilles. Agaga.
____________________________________________

Ma spathiphyllum elle est belle, elle double de volume chaque année et elle fait que des feuilles parce que les fleurs elle s’en fout. Elle est réputée pour assainir l’air, alors maintenant je respire bien et si je respire bien je suis dans de meilleures conditions physiques pour affronter les zombies. Love ma spathiphyllum ♥

Le Zamioculcas est originaire de Zanzibar en Tanzanie, le pays où ils vénèrent la lettre Z. Cette plante est faite pour vivre dans des conditions extrêmes de sécheresse grâce à ses bulbes dans lesquels elle fait ses réserves d’eau. En voulant la remporter ce printemps, j’ai accidentellement écorché l’un d’eux… Pour sûr, y’a de l’eau ! Elle est censée avoir une croissance très lente, je dis bien censée. Ou alors l’engrais que je lui donne est à base d’emphétamine. Bref, en cas d’invasion de zombies la pénurie d’eau n’existe pas avec le zamioculcas.

Cette petite chose je l’ai adopté alors qu’elle végétait dans une composition. Sans identité, je miserais pourtant pour l’areca, une sorte de palmier d’intérieur. Cette plante n’est d’aucune utilité contre les zombies, elle est chiante et exigeante : de la lumière par-ci, un psssht psssht par là… Mais c’est mignon à regarder. On pourrait néanmoins tenter de trancher la gorge d’un zombie avec ses feuilles coupantes.




